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Allégorie, métonymie
Deux notions simples à comprendre.

L'enfant dans le rêve.


Les policiers peuvent être rangés sous le terme générique de Forces de l'Ordre ou représentants de la Loi. A bien considérer, si un bonhomme de chair qui s'appelle Nicolas, Emmanuel ou Frédéric, va à la pêche le dimanche et boit l'apéro avec ses copains, représente équipé de la tenue adéquate, l'Ordre, nous voyons dès lors qu'il personnifie une abstraction. L'Ordre dont nous sentons assez bien ce que c'est, reste une chose immatérielle, ce n'est effectivement qu'un concept, une abstraction. Le rêve qui use d'images est en quelque sorte contraint de matérialiser les abstractions, ou plutôt de les figurer ou de les illustrer. Il doit les rendre concrètes sous forme d'images puisqu'il s'exprime en images, ce qu'il fait en personnifiant ces notions. C'est pourquoi très souvent un personnage représentatif les illustrera ; en ce cas il deviendra une Allégorie. Allégorie vient du grec allegoria qui signifie parler autrement (d'une chose).
Le Larousse définit très clairement l'allégorie : "Expression d'une idée par une image, un tableau, un être vivant". Classiquement une Allégorie illustre une grande, noble et belle idée : la République, la Justice, La France ; mais aussi la Misère ou la Souffrance, sans majuscules au quotidien. Ci-contre une représentation de La Justice, la balance (symbolique) sert à peser les actes, le bien et le mal, parfois les yeux sont (symboliquement) bandés en signe de neutralité et la main est armée d'un glaive (symbolique) car la Justice peut frapper. Les symboles ordinaires à l'humain, par exemple le chien qui introduit une notion de fidélité à toute épreuve, sont apparentés aux allégories en ce sens qu'ils représentent autre chose, une idée, une notion. La France peut-être représentée allégoriquement par une Grande dame ou symboliquement par un drapeau tricolore. Ce dont vous devrez simplement vous souvenir, et peu importe une classification aux limites arbitraires ou plus ou moins bien définies, c'est que des personnes ou des objets peuvent représenter des choses ou des concepts. Je vous rappelle que des choses peuvent aussi représenter des personnes qu'elles symbolisent, la pipe de Maigret par exemple est distincte de celle de Sherlock Holmes.


C'est ainsi que nous dérivons naturellement vers la métonymie. Pour ceux qui ne seraient pas familiarisés avec ce terme vous pouvez l'oublier à l'instant même car vous n'en ferez guère usage au quotidien ; ce qui est utile de retenir ici c'est le principe qu'il recouvre. La métonymie est principalement un procédé de style par lequel on exprime un tout par une partie : on peut dire de façon compréhensible "il portait un feutre" au lieu de "il portait un chapeau de feutre", "Je bois un verre" au lieu de "je bois le contenu d'un verre". A sa façon le rêve use aussi de la métonymie, ceci aura pour effet que n'apparaîtra dans votre songe qu'une partie ou un élément de ce que ce rêve veut mettre en œuvre. Pour une direction ce peut être un tronçon du parcours et c'est alors assez difficile à détecter. Un exemple : il m'est arrivé de faire des rêves dont l'action se situait en un endroit de la rue de la Planche Barrault, rue dans laquelle réside mon ami Roger. Je vous précise ça mais ça n'a aucun rapport c'est juste pour le ;-) et le privilège de l'écrivain  ; bref je me demandais bien pourquoi cela se passait là, dans cette rue, compte tenu que chaque élément du rêve a sa nécessité d'être. Il m'a suffi de prolonger mentalement cette rue, tâtonnant à ses deux extrémités, pour m'apercevoir que c'était la rue que j'emprunte quotidiennement depuis plus de trente années sur le trajet qui mène à mon travail. Ce rêve concernait donc mon travail qui était spécifié par ce détail. Ceci me permit ensuite d'identifier une personnes qui y est attachée mais qui était représentée par une autre personne portant le même prénom - voir plus haut - mais surtout ayant un défaut bien caractérisé ( manque d'écoute) que l'on retrouvait chez l'une comme chez l'autre à un degré plus ou moins élevé. Le rêve sélectionnant la pire des deux, en vertu du principe de l'amplification ou simplement par caricature, pour me faire ressortir comment était cette homonyme en qui, naïvement, je plaçais encore quelque espoir d'ouverture.
Je crois qu'un exemple fabriqué serait plus aisément décomposable : "Je me trouve devant une boutique qui expose un cache-col de couleur bordeaux avec des taches de bleu et de blanc. Je pense qu'il ferait un cadeau seyant à l'entraîneur de l'équipe de France de foot Roger Lemaire ; je dois la lui offrir pour le match retour. Il y a une étiquette marquée : Gratuit ! Je me dis : évidement puisqu'il est un peu riquiqui ".
Tout d'abord ce rêve absurde, pour lequel j'ai pris soin qu'il respecte les motions habituelles du rêve (par son rappel au devoir) , est incompréhensible. Le rêveur fictif affirme ne pas s'intéresser au foot mais connaît tout de même le nom de cet entraîneur cité par tous les bulletins d'infos/bourrage de crânes. La nuance bordeaux est, c'est bête à dire, bizarre : pratiquement rouge. La boutique, dont tous les paramètres sont examinés de long en large, laisse finalement apparaître qu'elle est située dans la rue principale de notre ville ; cette voie s'appelle "Rue de la Mairie". Tiens, le cache-col est à tout bien considérer "bleu, blanc, rougeâtre !" . . . mais au fait Roger Lemaire c'est l'homonyme de mon beau-frère présent au deuxième tour des élections municipales dans notre commune du . . . bordelais. Ce cache-col ressemblerait bien à une écharpe tricolore une fois tout remis d'aplomb. Il est vrai que j'ai négligé de me rendre aux urnes au premier tour, et je crois bien avoir remarqué que le rêve n'approuvait guère mes diverses négligences. C'est vrai qu'en définitive c'est un cadeau qui ne me coûte pas un euro que je peux faire là, en attendant mieux puisque l'écharpe est un peu riquiqui - un mot que j'ai banalement entendu hier - et que mon beauf manifeste une grande ambition politique (bof !)
Dans cet exemple nous retrouvons un personnage qui en représente un autre par le truchement d'un jeu de mots, mais aussi davantage par son envergure nationale. Un lieu, la boutique, qui vaut par son environnement dont elle est une partie : Rue de la Mairie. Des couleurs bleu/blanc/rouge représentatives. Le ton particulier de ce pourpre qui en définitive est qualifiable de "bordelais". Un emprunt aux éléments de la veille : le mot riquiqui.


L'enfant dans le rêve.

L'enfant qui apparaît dans un rêve peut tenir un rôle particulier, très différent de celui qui peut revenir aux autres personnages ; quant à sa valeur représentative je me démarque radicalement de ce que vous pouvez en lire ici ou là sous le nom d'enfant intérieur.

Nous avons tous remarqué que le rêve faisait participer des enfants, et même des enfants en bas âge, pour son travail nocturne ce qui est rigoureusement interdit par les conventions internationales:. Si le rêve utilise ces bambins c'est parce qu'ils correspondent idéalement à une durée, précisément leur durée de vie. Je m'explique :
Lorsqu'un enfant est mentionné dans un rêve l'on est toujours capable de lui donner un âge suffisamment précis : "Il devait avoir un an, il commençait à marcher" ou "Pour moi, je lui donne deux ans et demi, pas plus" ou bien encore "Elle était avec son fils âgé de sept ans". Ce qui est frappant à propos de tous ces enfants c'est cette capacité qu'a le rêveur à leur attribuer un âge raisonnablement précis . . . et pour cause, puisqu'ils sont là en tant que figuration d'une durée. Le rêve sachant de quoi il veut nous parler les emploie donc en connaissance de cause. Généralement ce sont des enfants à tonalité neutre, parfois ils nous sont connus et peuvent "avoir un supplément d'âme" en ce sens qu'ils définiront un petit quelque chose en plus. Si vous rêvez que le fils de votre concessionnaire auto âgé de cinq ans est atteint de progéria, cette maladie orpheline qui donne l'aspect de vieillards aux enfants qui en sont atteints, cela pourra vous faire penser que vous avez acheté votre voiture il y a cinq ans et qu'elle commence "à se faire vieille".
 
Rencontrer des enfants inconnus dans les rêves ne veut pas dire que nous les aurions rencontrés dans une vie antérieure comme je l'entends quelquefois. Leur présence ne se justifie pas non plus par le fait que nous ayons été enfant et que c'est "notre enfant" en souffrance qui s'exprime au fond de nous. Dans un tel cas il me paraît difficile de justifier pourquoi ces enfants peuvent avoir des âges aussi différents et pourquoi ils se livrent, ou non, à leurs petites activités annexes et pourquoi ils peuvent être de l'autres sexe.

Cet enfant nous donne le droit d'affirmer que pour un rêve correctement compris on peut véritablement parler de traduction plus que d'interprétation. Suite à la narration d'un rêve, lorsque vous pouvez dire à un parfait inconnu : "Voila ce qui s'est passé pour vous il y a trois ans et demi . . ." et de lui citer des faits de sa propre histoire ainsi datée, donc contrôlable sans ambages, vous aurez rapporté là un fait historique. Et les faits sont suffisamment têtus pour ne pas varier au gré du désir des interprètes. Que la meilleure méthode gagne, les autres peuvent continuer de tourner en rond en croyances sectaires.

Un bébé pourra aussi introduire une notion d'avenir, non pas en termes de prémonition mais plutôt en termes de projection. Une activité prometteuse qui débute, et plus généralement ce genre de choses pour lesquelles la prospective ou l'avenir sont en ligne de mire, peuvent nous mettre en scène avec un poupon dans les bras, car un bébé est un être porteur d'avenir. Ce genre de rêve renforçateur est assimilable à un rêve de soutien, d'encouragement, en ce sens qu'il nous donne confiance et qu'il nous octroie un aval qui, par essence, dépasse nos supputations. L'intelligence est prédictive, elle est donc suffisante pour que nous escomptions posément ceci ou cela de l'avenir, toutefois le rêve semble capable de mobiliser d'autres ressources nous ancrant dans une confiance profonde envers un cap à garder (curieuse image en vérité). L'intelligence pure est trop volatile pour expliquer que ce soit exclusivement elle qui fasse que nous puissions nous tenir à nos décisions.


Rêvons-nous en noir et blanc ou rêvons-nous en couleur ? 

Il est plus judicieux de dire que de manière générale nous rêvons dans une, ou des, couleur(s) indistincte(s), dire que c'est du noir et blanc est abusif. Je serais curieux d'entendre un primitif ne connaissant ni l'imprimerie et son encre noire sur fond de papier blanc, ni la télévision et le cinématographe à papa, mais pratiquant ma langue, me parler de la couleur de ses rêves.

Lorsque la couleur est mentionnée dans les rêves c'est toujours par un motif exprès. Soit elle fait référence à "quelque chose", soit elle est marquée symboliquement. A mon sens la symbolique des couleurs est beaucoup plus réduite que ce qui peut s'en écrire dans les volumineux ouvrages sur la symbolique et je crois bien que l'on confond trop aisément usage, culture et symbole. Si une période culturelle avait fait du blanc la couleur distinctive de la royauté, si un endroit culturel, exotique à nos yeux, peut en faire une teinte de deuil, si nos coutumes actuelles en parent la mariée, en vérité et par delà, cette blancheur immaculée (est-ce que cela vient de la neige virginale ?) représentera toujours (pour nous occidentaux) la pureté sans taches.
Il en est de même pour le
vert - l'œil humain est capable de distinguer plusieurs centaines de nuances en particulier dans le vert, couleur à laquelle il est très sensible (comme d'autres mammifères ?) - qui symbolise évidemment l'espérance.
 
Voyons comment le rêve peut s'approprier ces deux coloris ? Un jeune champion cycliste après un début de saison en fanfare marque le pas et se décourage : Un avion blanc, du type transport de passagers, décolle avec un fort angle ascensionnel, ne corrige pas sa trajectoire qui se poursuit en looping jusqu'à le faire disparaître derrière une verte colline. Enfin il réapparaît, son vol s'est stabilisé. Ce type de rêve est un rêve confortant, un rêve de soutien (très rare). L'avion qui prend son envol le représente ainsi que tout son entourage qui lui fait confiance - un avion de ce style fait référence à un groupe (contrairement à un avion de chasse par exemple) un groupe en action, en devenir, il indique un essor  - . En effet il a connu un début de saison inespéré dans une catégorie supérieure où il a immédiatement obtenu des résultats flatteurs. Trop prometteurs comme nous le montre cette hyperbolique courbe d'envol. Durant cette période de doute sur ses capacités qui a déclenché ce rêve il s'interroge sur le doping ; nous le voyons car cet avion est blanc, ce qui signifie que ses résultats ont été acquis proprement. S'ensuit l'éclipse qu'il est en train de vivre, elle se traduit dans son rêve par la disparition de l'avion derrière la colline durant une période. Puis le renouveau qui devrait logiquement intervenir car "il" réapparaît depuis cette colline parée des couleurs de l'espoir. Ce rêve vraisemblablement pouvait s'appuyer sur les capacités et le sérieux de son auteur qui, s'il avait matière à douter et s'interroger, pouvait toujours croire en ses vertus.
Une autre couleur est également mentionnée par les rêves : celle de l'
azur se confondant avec l'esprit. Quand nous rêvons de choses éthérées ou immatérielles, quand l'intellectualité est en jeu, c'est tout naturellement et symboliquement, ce bleu, qui est au dessus de nos têtes et dans nos têtes qui les représente. Une rêveuse (mariée) était fascinée par l'azur des yeux de son cousin : si elle apprécie ce cousin que ce ne soit pas au point de mêler esprit et chair, amitié et pêché lui dit son rêve !
Nous pouvons ensuite évoquer le
jaune ; habituellement comparé à l'or et au soleil et donc comme très positive, je ne l'ai personnellement vue de manière significative que signant la trahison ou l'illusion. C'est l'ancien jaune cocu. C'est donc à tester plus avant, mais à vrai dire cette couleur ne semble guère mentionnée en tant que symbole irréfragable et elle n'est qu'exceptionnellement évoquée de façon distincte dans le contexte du rêve.
Plus intéressant en est la franche
nuance orangée, qui n'est pourtant que du jaune avec une pointe de rouge. J'ai toujours reconnu, oniriquement parlant, dans la couleur orange une connotation positive : qu'une personne porte un vêtement de cette couleur ou qu'un enfant ballotté retrouve tel un trésor deux coffres anciens  pleins de richesses ; des pièces et bijoux d'or d'un jaune orangé qui sont en fait des richesses féminines ou maternelles de nourrices avec qui il a renoué. Je n'en dis ici que deux mots mais vous aurez peut-être à rencontrer cette occurrence somme toute courante.

Par son insistance à être présente, une couleur m'a posé une colle durant quelque temps : c'est le brun ou le marron. Qu'est-ce que cela pouvait bien signifier ? Un psy m'a spécifié qu'étant donné sa similitude avec la cambronnesque matière cette couleur représentait les choses emmerdantes : excellent procédé mnémotechnique. En fait le marron représente le devoir, qui peut, certes, être emmerdant. Une boulangère vêtue d'une terne pelisse marron a représenté le devoir quotidien du fait que l'on achète son pain tous les jours.

Le rouge est une fréquente mention des rêves, il figurera la passion. On le retrouvera sur une voiture que l'on percute et qui est conduite par une personne du sexe opposé, très souvent il est apposé sur les vêtements : tailleur, maillot d'une équipe de foot : la passion ne sera pas loin. Il se peut encore que ce soit l'urgence ou sur le plan physique une inflammation. Je viens d'entendre des bribes de phrases à la radio : "Bouddha…Rouge…Deuil" Ceci n'empêche que pour notre culture les flammes de la passion qui nous brûlent sont rouges. Quant à celles de l'incinération…
Pour le noir cela va de soi. C'est un peu comme pour le catch à l'ancienne, il y avait le Bon vêtu et cagoulé de blanc face à l'ignoble Bourreau de Béthune dont le slip noir reflétait la couleur des sombres intentions ;-) Puisqu'il est bien connu que les hommes ont l'esprit sous la ceinture.